Retraite de yoga et méditation dans un ashram

Extraits des enseignements de Yoga donnés par Christian Coupé, au cours des retraites de yoga ou des stages de yoga

retraite de yoga avril 2019EXTRAITS D’ENSEIGNEMENTS DE YOGA
RETRAITE DE YOGA ET MEDITATION Avril 2019

Thème :  Yoga intégral, union entre le physique l’énergétique et le psychique.

Je vais introduire cette retraite par la notion de présence.
Qu’est ce qui fait qu’en réalité, je ne vois pas les objets, je ne vois pas la nature et je ne vois pas les personnes telles qu’elles sont, mes yeux voient bien, et pourtant il n’y a pas de présence.
La présence pêche parce que c’est ce filtre, ce miroir déformant, qui fait que j’ai bien vu en fait ce qui était là, mais avant de rentrer à l’intérieur, ça passe par l’intermédiaire d’un filtre qui dépend de ce que je sais déjà, de mes expériences du passé, qu’elles soient physiques, émotionnelles, énergétiques ou psychiques. Finalement je ne me connecte jamais avec ce qui se trouve là. J’ai l’impression que si, mais en fait pas du tout. Je ne vois qu’une portion complètement déformée de ce qui est là. La présence c’est voir ce qui est là, sans que rien ne vienne s’interposer entre les êtres ou les choses tels qu’ils ou elles sont et ce que je suis. Ce que je suis est filtré et ce qui rentre à l’intérieur de moi est une interprétation de ce qui est là.

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Question

Du coup méditer ça ressemble à quoi, il faut se concentrer, se détendre, se replier sur soi-même ?

Réponse : rien de tout ça ou un petit peu de tout ça.

On aurait pu poser la même question avec le fait de dormir. Rien de tout ça mais un peu de tout ça quand même. C’est un état, et c’est un état naturel, un être humain qui ne dort pas et ne fait rien, entre en état de méditation. Lorsque l’on fait quelque chose, cet état naturel est mis de côté. Donc lorsqu’on arrive le matin, si l’on a cette ferme résolution de ne rien faire, tout en n’étant pas endormi, ça s’enclenche tout seul. C’est un état dans lequel la présence est complète, mais le fonctionnement du corps est figé, et le fonctionnement des pensées est c’est pas qu’il soit inexistant, mais c’est quelque chose d’autre qui se trouve  en dehors  qui les regarde fonctionner comme on verrait passer des nuages. L’association directe entre moi et ce que je pense ne se fait pas ; donc les pensées peuvent être là, mais je n’en sais rien. Il y a certainement des pensées et quelque fois se succèdent de façon très rapide. Mais aucune ne nous préoccupe. Ce n’est pas les pensées qui sont gênante, de toute façon la pensée est là tout le temps, mais c’est l’association stricte entre l’activité cérébrale et ce que je vis qui n’est pas obligatoire. Si la pensée a lieu mais que je ne vis rien en rapport avec ce qui se produit, aucune émotion, aucun suivi, elle a lieu de son côté, exactement comme a  lieu de son côté la digestion, c’est exactement pareil. La pensée et la digestion peuvent avoir le même rapport avec moi, ça se produit mais sans moi. C’est comme si à l’aide de la pensée, nous avions toujours de vieux relents d’un repas pas  digéré. Quelque fois ce n’est pas ça bien sûr, mais en l’occurrence si on voulait qu’elle ne soit pas là, on n’y arrive pas comme quelqu’un qui a trop mangé et pour qui la digestion est difficile.

Question : quels sont les obstacles à la méditation ?

Le fait que nous avons des routines. Dès que nous nous réveillons des routines reviennent ; elles sont ancrées en nous depuis tellement longtemps qu’elles se remettent en route indépendamment de l’envie qu’on a qu’elles le fassent. C’est comme une habitude, un retour à une  présence à nous même qui confirme ce que nous sommes, qui confirme notre identité. Ce à quoi je suis identique : à mes préoccupations, mes soucis, à mes émotions, à mon métier, mes amis, ma famille, mes loisirs, mes passions. Toutes ces choses auxquelles je suis identique  ne me laissent pas libre de ce que je suis. Les obstacles ce sont tout ce que nous avons à faire de toute urgence finalement.

Question : Un autre obstacle peut être dans les sensations, notamment du corps.

Réponse : la sensation n’est jamais un problème, c’est l’interprétation qui est l’obstacle.

Pour la douleur, refuser l’adéquation stricte entre la sensation et la douleur est un moyen très intéressant.

Il n’y a pas de degré dans la méditation, mais des méditations peuvent démarrer par des concentrations sur des supports, matériels (par exemple un point ou la respiration), ou subtils, tel qu’une pensée ou  une émotion, et enfin la méditation sans support qui est l’état méditatif.

En fait certains textes disent rien n’y mène. Ce qui est sûr c’est que l’agitation n’y mènera pas. Donc un support de concentration est préférable.

Les moyens d’y accéder  sont utiles tant que l’évidence de cet état ne s’est pas tout à fait faite.

Dès que la nécessité de faire quelque chose cesse, l’entrée dans cet état se fait très rapidement, sans antichambre si on peut dire.

Question : ce qui me trouble c’est que tu décris une présence. Et moi je ne me souviens pas

Réponse : non ça veut dire que la présence ne signifie pas présence au corps, ni présence à l’émotion, ni présence au mental, la présence il faudrait peut être lui mettre un P majuscule. Donc il ne peut pas y avoir de mémoire. Donc il n’y a plus de sensation. Dans cet état, il n’est pas possible d’avoir mal.

L’opération chirurgicale dans l’état méditatif est possible, on ne sentira rien.

Le point lumineux peut être un point de départ, comme la respiration, l’air sur la peau, une belle pensée, sont des moyens.

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