Charte d’accueil d’Anâkhyashram

Anakhyashram

Un ashram en haute provence

Ashram en Provence, enseignement du Yoga, stage de yoga, retraite de yoga

Le terme d’ashram venu d’Inde porte une grande richesse de sens et de symboles tout en étant peu familier pour la plupart d’entre nous.

L’occident reconnaît des lieux de culte, églises ou temples organisés autour d’une foi et d’un dogme. Des fidèles s’y rendent plus ou moins régulièrement pour y recevoir des enseignements religieux tout en poursuivant leurs activités « dans le monde » (familiales, professionnelles, politiques, …).
D’autres espaces tels que les monastères regroupent des personnes se consacrant exclusivement au service religieux et à celui de leur propre communauté.

Dans ce paysage moderne et utilitaire, tout espace commun est dédié à un usage au service de la société. Où peuvent aller celles et ceux qui éprouvent le besoin de s’extraire de tout contexte social, politique, économique, professionnel ou religieux ?
Où se rendre pour se défaire des pressions multiples, de la compétition et des règles liées à la communication et aux rapports de force ?
Où se retirer pour explorer les grandes questions auxquelles les sociétés ne répondent pas vraiment : le sens de la vie et de la mort, la présence de l’immuable derrière le changement des phénomènes, l’être au-delà des possessions de l’individu.

Cependant, la société dans laquelle nous vivons est précieuse. Elle doit être respectée et préservée. Il ne s’agit donc pas de s’isoler ou de la renier, bien au contraire. Un lieu favorable dans lequel nous pouvons nous retirer ne doit pas devenir un lieu alternatif ou de contestation mais uniquement un espace protégé pour le temps dont nous avons besoin pour nous ressourcer, pour nous apaiser ou pour accomplir une tâche particulière qui contribue à notre équilibre et à notre épanouissement. La dimension spirituelle et la dimension matérielle ne s’opposent pas, elles se complètent.
Le monde matérialiste moderne est parfois excessif en ne reconnaissant plus les valeurs de la spiritualité, dont le sens même finit par lui échapper.
Nous élevons au plus haut niveau l’individu avec ses désirs, ses besoins, sa pensée, son expérience tout en niant l’être que nous sommes au fond.
La nature est devenue une inconnue pour nous, de même que notre propre nature d’ailleurs.

L’Ashram est un lieu où un effort particulier est mis en place pour orienter ses actes, ses énergies et ses pensées vers la dimension spirituelle de l’être humain.
Les efforts accomplis dans ce sens sont essentiels car ils sont le chemin et la spiritualité est un chemin et non un état.

Mais au fait, la spiritualité, qu’est ce que c’est ?
La première question est : « de quoi sommes-nous faits ? »
Nous disposons d’un corps qui est le support de l’expérience, de désirs, besoins et volontés qui nous donnent les énergies pour agir et d’un cerveau pour organiser les actions, se souvenir et se projeter. Si l’être humain n’est fait que de cela, alors la spiritualité n’existe pas, non plus que l’être d’ailleurs, vite remplacé par l’individu.

Si nous réalisons que l’édifice humain est surmonté par une entité au-delà du corps, des énergies et de la pensée et que cette entité est faite de paix, d’énergie et de joie alors le chemin qui permet d’identifier, de réveiller et de développer la conscience de cette entité est la spiritualité.

Dans cette démarche, le corps fragile et lourd est soutenu par des actes qui permettent son renforcement et son allègement. Vieillissement ou maladie ne sont pas niés mais la vision de notre corps change pour lui permettre de prendre enfin sa place de véhicule sur le chemin spirituel. Tapasya, l’effort de Yoga allège le corps.

Les émotions, les sensations et les désirs sont extrêmement développés. Des souffrances découlent de cet excès sensoriel incontrôlable et des violences qui l’accompagnent. Pranayama, la science du souffle ouvre l’accès aux énergies vitales présentes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de nous sous la forme du Prana.

La pensée est mise au service de l’être par l’étude qui apporte clarté et liberté là où la pensée s’enferme dans les limites des expériences et des souffrances de l’individu. Svadhyaya, l’étude ouvre l’esprit.

La prise de conscience progressive de l’être que nous sommes nous rend disponibles à l’état méditatif dans lequel une union se fait entre la personne et l’absolu. Cette conscience d’un absolu qui nous dépasse permet d’aller au-delà de nos intérêts et de nos jugements.

L’Ashram est un lieu dans lequel cette quête spirituelle est possible sans aucun rejet de qui ou de quoi que ce soit. Pour permettre ce cheminement, l’espace a été adapté à cette démarche.

La nature : elle est généreuse. L’implantation de l’ashram en moyenne montagne provençale permet de sentir sa présence apaisante et essentielle. La nature nous enveloppe de sa beauté, de sa force et de sa vibration pour nous permettre de retrouver l’humilité, le respect et la simplicité par la contemplation.

Le Seva : c’est le service, la participation à l’entretien quotidien du lieu. L’entretien des espaces à l’intérieur et autour des bâtiments est fait par cette action quotidienne accomplie avec la conscience de servir et la joie de contribuer à la vie simple du lieu.
Toute personne présente sur le lieu accomplit cette action de seva pour environ une heure par jour. Il est limité à la préparation des repas et le nettoyage des chambres et sanitaires lors d’un stage ou d’une retraite..

Le Karma-Yoga : Il s’agit de l’acte désintéressé. Toutes nos actions portent des fruits, bons ou mauvais et que nous nommons conséquences. Nous accordons une importance extrême à ces conséquences au point quelquefois de ne plus agir qu’en fonction d’elles. Le salaire ou le sentiment d’importance que l’on retire des choses que nous faisons sont deux conséquences majeures. Le karma-yoga va bien au-delà du bénévolat qui n’intègre que l’absence de rétribution. Pour ceux qui le souhaitent, le karma-yoga est possible en accomplissant des tâches d’agencement, de décoration ou de culture dans le lieu. La durée de ces tâches est d’environ quatre heures par jour (pas de Karma-Yoga lors d’un stage ou d’une retraite).

Le silence : L’ashram est un espace favorable au silence. Le silence extérieur qui est une attention à faire le moins de bruit possible. C’est un fil conducteur personnel mais aussi une aide pour les autres dans leur propre cheminement. Le silence intérieur que l’on nomme Mauna est le plus important. Par cette qualité nous mettons de côté les jugements que nous portons sur tout et tous sous forme de pensées souvent subies et qui polluent ce que nous faisons. Par Mauna nous cessons un peu d’affirmer pour commencer à écouter.

La simplicité et la qualité alimentaire. L’alimentation est végétarienne, simple et goûteuse. Les repas sont préparés par une ou plusieurs des personnes présentes dans le lieu dans un état d’esprit d’offrande et de plaisir à partager. Nous privilégions les aliments frais et purs (non raffinés, sans pesticides) et le potager est sollicité autant que possible.
S’alimenter n’est pas une compensation ni une gratification mais un plaisir simple et sain.

La pratique des Asana : cette pratique est quotidienne. C’est un prétexte et non une fin en soi. Il s’agit de fortifier et d’alléger le corps pour favoriser la santé et la bonne humeur. Lorsqu’on se sent bien dans son corps, on est plus heureux et plus paisible. Le langage du corps est également écouté. Cette écoute se propage ensuite au reste de la nature et aux autres.
Mais la raison principale de la pratique des asana est l’acceptation, car le corps fait de matière dense, et se dégradant peu à peu nous incite à observer ses limites sans les rejeter ni les subir, à l’accepter d’abord, puis à le respecter et enfin à l’aimer, ce qui permet d’aimer les autres.
Enfin l’ultime raison de l’exploration du corps est la prise de conscience progressive « j’ai un corps mais je ne suis pas le corps ». Le corps est un attribut périssable et si nous nous identifions à lui, angoisses et doutes sont incessants.

La pratique des Pranayama : c’est le point charnière et incontournable de la présence à l’ashram. L’écoute du souffle inspiré et expiré, son utilisation progressive pour diminuer la réactivité favorise cette mise à distance des évènements qui manque si souvent. Nous réagissons trop, forcés par nos modes de vie stressants et violents. Nous ne comprenons pas, alors nous avons peur, nous réagissons à tout de façon compulsive et extrême. L’écoute du souffle ouvre à la connaissance de soi et dissipe l’ignorance qui crée la peur.
La respiration nous guide peu à peu vers les énergies qui nous animent comme elles animent l’univers fait d’énergie et de conscience.

L’étude libre ou commentée de textes.
Il s’agit de textes à vocation spirituelle traitant du Yoga, de l’Indouisme ou de toute autre tradition dans un esprit d’ouverture et de tolérance.

La méditation : c’est le sommet de l’édifice. Méditer c’est se relier, méditer est une union, méditer offre la paix du cœur et la joie de l’esprit. Entrer chaque jour dans l’état méditatif c’est contacter l’essence de ce que nous sommes, c’est voir clair. Toutes les activités humaines bénéficient de la méditation, mais la méditation n’est pas une activité. Méditer, c’est être ce que nous sommes sans aucun conditionnement.

L’Ashram sert à cela : favoriser la diminution des tensions internes et externes puis encourager une démarche spirituelle intense et intégrée à la vie quotidienne dans sa famille, auprès de ses amis ou dans les activités professionnelles.

Votre séjour à l’Ashram

Vos rythmes personnels
Chacun suit le rythme qui lui correspond en accord avec les raisons de sa présence.
Le Seva et le Karma-Yoga peuvent être adaptés afin de convenir à chacun. La durée de ces participations peut être répartie différemment afin de s’adapter à des cas particuliers.

Les rythmes du lieu
Deux moments de la journée permettent de créer une harmonie entre les résidents à l’Ashram.
La pratique du matin : de 6h30 à 8h00 (1/2h de méditation suivie d’1h30 de hatha-yoga.).
La pratique du soir : de 18h00 à 20h00 (Asana, Pranayama, Dharana).

Pendant ces deux périodes quotidiennes, la présence de tous les résidents est vivement souhaitée afin de ne pas s’extraire, de ne pas s’isoler et dans certains cas particulièrement difficiles de ne pas se laisser aller à la dépression et aux jugements.

Une pratique nocturne facultative complète le rythme des journées. Il s’agit plutôt d’une présence en assise comportant suivant les jours une concentration ou des chants. Cette pratique débute à 22h et n’a pas de durée définie. Chacun suit son propre rythme.

Durant les stages et retraites, les horaires spécifiques de ces rencontres ont la priorité, en particulier la pratique du matin de 5h30 à 8h30 (1 heure de méditation et 2 heures de pratique du Yoga), la pratique du soir de 17h à 18h30 et la pratique nocturne qui débute à 21h30.

Les rythmes du lieu favorisent l’apaisement des tensions, de la violence et des jugements et visent à l’unité pour permettre la diminution de la souffrance et l’apparition de la joie. La pratique du Yoga n’en a pas l’exclusivité mais constitue un moyen propice.

Les repas  (dans la mesure du possible, les repas sont pris en commun) :
Le petit déjeuner est pris à 8h30. Le repas du soir est pris à 20h30.
Pour le repas de midi, rien n’est prévu. En fonction des circonstances, il peut être préparé ou non. Cependant, chacun est libre de se restaurer. Les repas constituent un espace et un temps de partage harmonieux. Le silence est encouragé surtout à la fin du repas du soir.
Le repas n’est pas une occasion de compensation ni un moyen de faire baisser des tensions internes par l’abus de sucres, de graisses ou d’alcool. La nourriture y est donc légère avec très peu de transformation des aliments ou de mélanges.

La non violence
Nous manifestons de la violence dans tellement de circonstances que nous n’y prêtons plus attention. La violence verbale, la colère et les jugements nous accompagnent souvent.
Une certaine fermeté doit être mise en œuvre pour réduire ces comportements. La nécessité des jugements dans un contexte social violent, égoïste et hyper intellectualisé est peut-être parfois utile mais on peut aussi explorer d’autres possibilités.

L’accès à la salle de pratique et de méditation
Un lieu se « charge » des qualités que nous y mettons jour après jour. Si nous sommes attentifs, ces qualités nous reviennent dès que nous y entrons.
Dans la salle de pratique et de méditation, certaines qualités très précieuses sont recherchées :
Au niveau du corps : La légèreté et la propreté du corps sont utiles tant pour les aspects hygiéniques que pour l’allègement si favorables à la pratique du yoga et à la méditation.
Au niveau des énergies : L’accès à la salle de pratique nécessite l’apaisement de la colère, de la jalousie, de la peur ou du désir. Pour cela, il suffit d’être conscient de ces énergies en soi et de manifester la ferme intention de s’en défaire sur l’instant. Un effort de prise de conscience éclaire la situation et d’autres énergies peuvent prendre la place.
Au niveau des pensées : Nous pensons continuellement à nous et à nos petits problèmes, ce qui crée fatigue, inattention et perte d’enthousiasme. Si nous parvenons à tourner les pensées sur des choses plus immédiates (perceptions, sensations) ou plus essentielles (sens de la vie, présence aux autres), le temps passé dans la salle de pratique aura un relief beaucoup plus savoureux pour soi et pour les autres.

Les heures de méditation
Durant les heures de méditation le matin de 5h30 à 6h30 et le soir à partir de 22h30, la qualité du silence devient primordiale. Le matin l’entrée dans la salle de méditation se fait suffisamment tôt pour être immobile et silencieux à 5h30 ou 6h30. En cas de retard, l’accès n’est pas possible. Le soir, à partir de 22h30, le silence de fonctionnement est nécessaire et l’accès à la salle de pratique réservée à ceux qui souhaitent méditer.

Quelques règles de fonctionnement

Ce ne sont pas des interdits visant à réduire une liberté mais des moyens mis à disposition pour favoriser un temps et un espace de clarté et de désencombrement.

Téléphones portables :
Ils ne sont pas admis à l’intérieur des bâtiments, même éteints. Votre téléphone doit être déposé éteint dans votre véhicule ou au coffre de l’Ashram.
L’électro-sensibilité aux ondes magnétiques est de plus en plus répandue et un téléphone allumé peut être très pénible pour certains. Il n’y a pas de wi-fi à l’Ashram.
De plus, le téléphone entretient une disponibilité à l’urgence et au stress. Il nuit à la sérénité.
Le téléphone fixe de l’Ashram permet de recevoir les appels urgents. Si vous souhaitez utiliser votre portable, il est possible de le faire à l’extérieur de la propriété de façon discrète.

Accès internet
Il est possible à certaines heures (de 8h30 à 10h30 et de 13h30 à 15h00) en utilisant la box filaire du lieu et l’ordinateur mis à disposition. L’utilisation de ce matériel doit être mesurée et discrète afin de ne pas perturber les autres personnes présentes.

Réveils, montres, tapis, vêtements
Nous essayons de limiter les bruits parasites et les dépendances. Des réveils sont présents dans toutes les chambres et un gong rythme les heures remarquables de chaque jour. Si possible, évitez les montres et autres signes distinctifs afin de ne pas trop entretenir les habitudes et éviter les bruits et cliquetis préjudiciables à la qualité de la présence sur place.
Pour entrer dans la salle de pratique, chaînes, bracelets, montres mais aussi tapis bruyants, vêtements bruyants et bouteilles d’eau sont absolument proscrits.

Consommation de certaines substances
Il n’y a pas d’interdits car cette notion provoque le rejet et le conflit, mais votre séjour peut aussi être l’occasion d’examiner certaines habitudes avec un regard nouveau plus paisible. De plus, de nombreuses personnes cherchent à interrompre certaines habitudes (en particulier de tabac) lors de leur séjour et cet effort est fragile. Merci de faciliter leur démarche en étant très discret si vous ne voulez pas vous interrompre le temps de votre séjour.